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20 Mai 1940

Le No.615 Squadron part, finalement, à 04h30, pour l’aérodrome de Norrent-Fontes avec treize Hawker Hurricane Mk I en état de vol (ainsi qu’un Miles Magister). La journée démarre assez tôt puisque dès 08h00, une double patrouille est organisée : la première au-dessus de Lille (six appareils), et la seconde en défense de l’aérodrome (trois avions).

Une opération plus ambitieuse débute à 11h00. En l’occurrence, une formation composée des No.504, No.607 et No.615 (RAF) Squadron est chargée d’attaquer un convoi allemand sur la route reliant Cambrai à Arras. Selon le Squadron Leader Joseph R. Kayll :

« Une demande de l’armée arrive : nous devons retarder l’avancée de troupes allemandes en direction d’Arras sur la route en provenance de Cambrai. Nous arrivons à regrouper douze appareils (trois de chaque Squadron), sous mes ordres. Nous trouvons sur place une grande quantité de véhicules allemands et sommes en mesure d’effectuer quelques dommages. Malheureusement, nous perdons trois appareils, dont le Flying Officer Bob Pumphrey (P3448 – AF-H) du 607, qui réussit à sauter en parachute et survivre comme prisonnier de guerre. Notre erreur a été d’attaquer en section de trois en ligne arrière, ce qui a permis à la Flak allemande de concentrer ses tirs ».

Effectivement, les pertes sont non-négligeable puisque, outre le Flying Officer Robert E.W. Pumphrey, le No.504 (RAF) Squadron perd les Pilot Officer Michael Jebb (P3586) et Blair E.G. White, quoique les deux pilotes sont seulement blessés et pourront être évacué de Dieppe, tandis que le No.607 (RAF) Squadron perd le Pilot Officer Richard S. Demetriadi (P2671 – AF-H), là encore sans conséquence pour le pilote. Dans le même temps, l’appareil du Squadron Leader Joseph R. Kayll est aussi endommagé à l’aile, mais il peut rentrer à Norrent-Fontes[1]. Malgré ces pertes, essentiellement matériels, les pilotes britanniques sont en mesure de détruire sept véhicules selon une sortie de reconnaissance effectuée par le Flying Officer Lionel M. Gaunce vers 13h00.

Dans l’après-midi, six Hawker Hurricane Mk I décollent pour une patrouille du secteur Arras – Douai – Lens. Une formation de douze Heinkel He.111 du I./LG 1 est aperçu sur place, à une attitude d’environ 4 800 mètres, et un combat s’engage, vers 16h00, durant lequel les Squadron Leader Joseph R. Kayll et le Pilot Officer Petrus H. Hugo revendiquent un bombardier[2]. Selon Joseph R. Kayll :

« J’attaque l’avion de queue de la formation par le travers, mettant hors combat le mitrailleur arrière. Puis j’attaque par l’arrière en m’approchant à deux cents mètres. Le moteur gauche s’arrête et fume beaucoup. L’avion part en vrille et disparaît derrière des nuages bas »[3].

Effectivement, le Heinkel He.111 (L1+GK), de la 2./LG 1[4], percute le sol près de Lille tuant les Feldwebel Erich Hackbarth, Unteroffizier Max Bröge et Gefreiter Heinz Schönberg. Selon un rapport d’interrogateur de l’unique survivant, le Feldwebel Erich Weber, par les Britanniques :

« Nous avons décollé de Düsseldorf à 14h00 pour observer les mouvements de troupes à l’ouest de Lille. L’avion de type Heinkel 111 était armé de quatre mitrailleuses et emportait douze bombes de 50 kilos. Nous avons essuyé plusieurs tirs antiaériens, mais sommes descendus par un Morane à 4 800 mètres »[5].

Cette patrouille constitue la dernière sortie documentée du No.615 Squadron pour la Bataille de France. Les ordres d’évacuations vers l’Angleterre commencent à pleuvoir sur les différents escadrons britanniques. L’évacuation du terrain de Norrent-Fontes commence vers 18h30 lorsque neuf Hawker Hurricane Mk I du No.615 Squadron, dont le L1289 du Flying Officer Anthony Eyre, décollent avec quatre autres du No.607 (RAF) Squadron afin d’escorter un Savoia-Marchetti S.73P de la Sabena emportant l’état-major du No.60 (RAF) Wing, et une partie du personnel au sol, en direction de l’aérodrome de Kenley[6]. Trois autres Hawker Hurricane Mk I et les quatre derniers Gloster Gladiator Mk I (dont les N2304 et N2306) empruntent le même chemin dans la soirée. De son côté, le Flight Lieutnant James G. Sanders effectue la traversée avec un Bristol Blenheim, tandis que le Pilot Officer Petrus H. Hugo rentre avec le Miles Magister depuis Merville.

« À 13h00, on a reçu des instructions pour que chacun se tienne prêt à évacuer vers l’Angleterre. À 14h30, le personnel au sol plie bagage pour Boulogne laissant derrière dix-huit aviateurs. À 18h25, un avion de transport S.M.75 prend à son bord le commandant de l’escadre n°60 et son personnel ainsi que les dix-huit aviateurs de l’escadron, vingt-et-un aviateurs de l’escadron n°615 et dix aviateurs de l’escadron n°607. L’avion prend la direction de l’Angleterre »[7].

Les Pilot Officer John E.M. Collins[8], Malcolm Ravenhill[9] (à bord du Gloster Gladiator Mk II N2308 KW-T) et Victor B.S. Verity[10] rentrent, dans la soirée, auprès du No.229 (RAF) Squadron.

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[1] CULL, Brian ; LANDER, Bruce ; WEISS, Heinrich. Twelve Days in May. The Air Battle for Northern France and the Low Countires, 10 – 21 May 1940, as seen through the eyes of the fighter pilots involved. London : Grub Street, 1999, p.292 à 293 ; CORNWELL, Peter D. The Battle of France, Then and Now : Six Nations Locked in Aerial Combat, September 1939 to June 1940. Old Harlow : After the Battle, 2007. p.332 ; DIXON, Robert. 607 Squadron : A Shade of Blue. 2012. 200 p.

[2] CULL, Brian ; LANDER, Bruce ; WEISS, Heinrich. Twelve Days in May. The Air Battle for Northern France and the Low Countires, 10 – 21 May 1940, as seen through the eyes of the fighter pilots involved. London : Grub Street, 1999, p.294 ; TAGHON, Peter. La Lehrgeschwader 1 : L’Escadre au Gruffon. Tome 1. Lela Press, 2017, p.59.

[3] Combat Reports. Pilot Officer Joseph R. Kayll (20/05/40). Kew : The National Archives, AIR 50/175/14. (n°27) ; GILLET, Arnaud. La Luftwaffe à l’ouest – Les victoires de l’aviation de chasse britannique (10 mai 1940 – 23 mai 1940). Béthenville : Arnaud Gillet, 2008, p.332.

[4] Peter D. Cornwell (The Battle of France, Then and Now : Six Nations Locked in Aerial Combat, September 1939 to June 1940. Old Harlow : After the Battle, 2007, p.337) attribue la victoire au Flying Officer Duus du No.79 (RAF) Squadron à 13h45.

[5] GILLET, Arnaud. La Luftwaffe à l’ouest – Les victoires de l’aviation de chasse britannique (10 mai 1940 – 23 mai 1940). Béthenville : Arnaud Gillet, 2008, p.332.

[6] CULL, Brian ; LANDER, Bruce ; WEISS, Heinrich. Twelve Days in May. The Air Battle for Northern France and the Low Countires, 10 – 21 May 1940, as seen through the eyes of the fighter pilots involved. London : Grub Street, 1999, p.294

[7] GILLET, Arnaud. La Luftwaffe à l’ouest – Les victoires de l’aviation de chasse britannique (10 mai 1940 – 23 mai 1940). Béthenville : Arnaud Gillet, 2008, p.345.

[8] De retour auprès du No.229 (RAF) Squadron, il participe aux combats au-dessus de Dunkerque, où il disparaît en mission, aux commandes du Hawker Hurricane Mk I L1982, le 31 mai 1940.

[9] De retour auprès du No.229 (RAF) Squadron, il participe aux derniers combats au-dessus de Dunkerque, puis à la Bataille d’Angleterre. Le 1er septembre 1940, il est hospitalisé après avoir été contraint de sauter en parachute durant un combat aérien au-dessus de Biggin Hill (Hawker Hurricane Mk I P3038). De retour en opération, il disparaît le 30 septembre lorsque suite à un combat avec des Bf.109 son Hawker Hurricane Mk I P2815 percute le sol près d’Ightham (Church Road). Il est inhumé au cimetière de City Road Cemetery, Sheffield.

[10] Après une évacuation compliquée, en passant par Cherbourg, il peut embarquer à bord d’un navire et rejoint l’Angleterre le 23 mai. De retour au No.229 (RAF) Squadron, il participe aux combats au-dessus de Dunkerque, puis à la Bataille d’Angleterre. A la fin 1940, il se porte volontaire pour rejoindre la chasse de nuit. En avril 1942, il est transféré en Afrique du Nord jusqu’en juin 1943. De retour en Europe, il est chargé durant la première moitié de l’année 1944 de prendre les commandes du No.650 (RAF) Squadron afin d’assurer l’entraînement de la défense anti-aérienne britannique. Après un passage dans divers commandements et OTU, il rentre chez lui en Nouvelle-Zélande, en novembre 1945. Il décède le 2 février 1979 à Wellington.

19 Mai 1940

À 4 h, six Hawker Hurricane Mk I décollent de Moorsele pour une patrouille du secteur Cambrai —Le Cateau-Cambrésis.

À 17 h 30, six appareils patrouillent au-dessus d’Arras, tandis que cinq autres surveillent la route entre Arras et Cambrai. Un affrontement éclate, vers 19 h 40, avec une quinzaine de Bf 109 de la 9./JG 26, au nord-est de Cambrai[1]. Selon le Flying Officer Anthony Eyre (L1289 KW-V) :

« Je suis le n° 2 d’une section de quatre, quand le n° 4 nous avertit par radio que des avions ennemis s’approchent. Je vire à 90 degrés par la droite, puis 180 degrés et attaque sur le côté droit un Bf.109 en train d’attaquer un appareil de notre formation à environ cent vingt mètres en dessous. Je vire à 90 degrés et cherche le reste des appareils. Je vois un avion, que je crois être celui que je viens d’engager en piqué dégageant une fumée noire. Puis je vois un autre Bf.109 en dessous. Je plonge sur lui et tire une longue rafale juste en dessous. Je dégage, munition pratiquement épuisée »[2].

Selon le Pilot Officer William L. McKnight :

« Lors d’une patrouille au-dessus de Cambrai, l’ennemi au nombre de sept attaques par derrière suivi par huit autres appareils. Après avoir alerté le reste de la section par radio, je prends très vite de l’altitude par un virage à gauche, suis une machine ennemie et tire. De la fumée sort de l’avion ennemi que je tire jusqu’au contact du sol »[3].

Dans le même temps, le Hawker Hurricane Mk I N2331 est touché dans le combat. Blessé aux jambes, le Flying Officer Richard D. Pexton est contraint de sauter en parachute en territoire adversaire. Il est difficilement évacué vers Dunkerque où il peut embarquer, le 23 mai, à bord du navire-hôpital Worthing. De retour en Angleterre, il est admis à l’hôpital de Barnet (Hertfordshire) et ne reviendra dans l’escadron qu’à la date du 10 juillet.

Selon Donald Caldwell[4], les pilotes britanniques auraient affronté la 4./JG 26 sous les ordres du Kommandeur, le Hautpman Herwig Knüppel (Bf.109 E-3 – W.Nr.1542). Ce dernier est abattu et tué durant le combat, tandis que l’Oberleutnant Karl Ebbighausen (Bf 109 E-3), blessé, effectue un atterrissage forcé dans les environs de Lille. Un autre Bf.109 E-3 est signalé comme ayant effectué un atterrissage forcé à Bruxelles. Peut-être s’agit-il de l’appareil qui aurait heurté, selon l’auteur, le Hurricane du Flying Officer Richard D. Pexton[5]. Selon un résumé des évènements côté allemand :

« Chasse libre sur la région de Grammont — Lille – Cambrai. Le groupe décolle à 19 h 7 sous le commandement du Hauptman Knüppel. Au-dessus de la Lille, un combat aérien a lieu avec quatre Hurricanes au cours duquel trois machines ennemies ont été abattues. Le capitaine Knüppel en combat singulier est mitraillé de front, puis pourchassé en descente. On n’a pas suivi la suite du combat. Le Hurricane a était abattu par le Leutnant Krug. Le Hauptman Knüppel n’est pas rentré de cette mission. »[6]

 

Une dernière sortie est signalée, dans la soirée, au-dessus d’Audenarde — Tournai, sans évènements particuliers. Mais, c’est la fin pour le No.615 Squadron comme l’explique le Squadron Leader Joseph R. Kayll :

« Dans la soirée du 19 mai, nous sommes surpris de voir une moto et un side-car allemand à proximité de l’aérodrome de Moorsele, tandis que nous entendons des tirs à l’est. Puis, nous recevons l’ordre de rejoindre Merville dès l’aube, en ne laissant que le minimum de personnel au sol. Durant la nuit (vers 22 h), un officier belge arrive et une explique avoir reçu l’ordre de saboter l’aérodrome immédiatement. Il me faut environ une heure pour le persuader de renoncer grâce à l’aide de quelques verres. Un compromis est finalement obtenu selon lequel nous devons l’aider à placer les mines et endommager la piste, sauf un petit chemin afin de pouvoir décoller le lendemain ».[7]

Toujours est-il que les Pilot Officer Robert D. Grassick[8], William L. McKnight[9] et Percival S. Turner[10] reçoivent l’ordre, dans la soirée, de rejoindre l’aérodrome de Kenley pour réintégrer le No.242 (RAF) Squadron.

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[1] CULL, Brian ; LANDER, Bruce ; WEISS, Heinrich. Twelve Days in May. The Air Battle for Northern France and the Low Countires, 10 – 21 May 1940, as seen through the eyes of the fighter pilots involved. London : Grub Street, 1999, p.261.

[2] Combat Reports. Flying Officer Anthony Eyre (19/05/40). Kew : The National Archives, AIR 50/175/2. GILLET, Arnaud. La Luftwaffe à l’ouest – Les victoires de l’aviation de chasse britannique (10 mai 1940 – 23 mai 1940). Béthenville : Arnaud Gillet, 2008, p.296.

[3] Combat Reports. Pilot Officer William L. McKnight (19/05/40). Kew : The National Archives, AIR 50/175/22. GILLET, Arnaud. La Luftwaffe à l’ouest – Les victoires de l’aviation de chasse britannique (10 mai 1940 – 23 mai 1940). Béthenville : Arnaud Gillet, 2008, p.296.

[4] CALDWELL Donald. The JG 26 War Diarry, Vol 1 (1939 – 1942). Grub Street, 1996, p.28 à 29.

[5] A noter que Peter D. Cornwell fait correspondre la perte du Flying Officer Richard D. Pexton à une revendication du Hauptman Günther Lützow (Stab I./JG 3), vers 19h15, dans les environs de Arras – Cambrai.

[6] GILLET, Arnaud. La Luftwaffe à l’ouest – Les victoires de l’aviation de chasse britannique (10 mai 1940 – 23 mai 1940). Béthenville : Arnaud Gillet, 2008, p.296.

[7] CULL, Brian ; LANDER, Bruce ; WEISS, Heinrich. Twelve Days in May. The Air Battle for Northern France and the Low Countires, 10 – 21 May 1940, as seen through the eyes of the fighter pilots involved. London : Grub Street, 1999, p.261 à 262.

[8] De retour au No.242 (RAF) Squadron, il participe aux divers combats au-dessus de Dunkerque et à la Bataille d’Angleterre, ainsi qu’aux divers opérations britanniques de 1941. Il rejoint, le 28 septembre 1941, la OTU d’Aden. Désormais la suite de sa carrière se déroulera essentiellement en Afrique orientale et australe comme instructeur et pilote de liaison – transport. Il intègre la RCAF, le 1er mai 1945 et rentre au Canada. Il décède le 28 octobre 1978.

[9] De retour au No.242 (RAF) Squadron, il participe aux divers combats au-dessus de Dunkerque et en appuis aux dernières troupes britanniques jusqu’à la mi-juin 1940, puis à la Bataille d’Angleterre. Le 12 janvier 1941, il disparaît en combat aérien, aux commandes du Hawker Hurricane Mk I P2961, lors d’une Rhubarb dans les environs de Gravelines. Son nom est commémoré au Runnymede Memorial.

[10] De retour au No.242 (RAF) Squadron, il participe aux divers combats au-dessus de Dunkerque et à la Bataille d’Angleterre. Il rejoint le No.145 (RAF) Squadron, en juin 1941, et obtient la DFC en octobre de la même année. Après un court repos, il prend le commandement du No.411 (RCAF) Squadron, en décembre 1941, puis du No.249 (RAF) Squadron à Malte, en février 1942. Il reste sur l’île assiégée jusqu’en novembre 1943 en exerçant diverses fonctions. En mai 1944, il reçoit la DSO, tout en intégrant le QG de la Desert Air Force. Il revient en Europe, en janvier 1945, avec le grade de Group Captain pour prendre le commandement du No.127 (RAF) Wing. Il intègre la RCAF après la guerre jusqu’à sa retraite en 1965. Il décède le 23 juillet 1985.

18 mai 1940

On ne dispose, malheureusement, d’aucun détail concret sur les évènements de cette journée. Tout au plus, l’ORB indique la préparation d’une mission d’escorte, au profit de Bristol Blenheim à 04h00, laquelle est annulée ; tandis que Brian Cull[1] mentionne un bref affrontement avec des Heinkel He.111 du KG 1 sans davantage de précisions.

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[1] CULL, Brian ; LANDER, Bruce ; WEISS, Heinrich. Twelve Days in May. The Air Battle for Northern France and the Low Countires, 10 – 21 May 1940, as seen through the eyes of the fighter pilots involved. London : Grub Street, 1999, p.225.

17 mai 1940

Dans la matinée, plusieurs sections du No.615 Squadron décollent de Moorsele pour effectuer diverses patrouilles, dont on connait les détails pour au moins deux d’entre elles.

Ainsi, les trois pilotes détachées du No.229 (RAF) Squadron (Pilot Officer John E.M. Collins, Malcolm Ravenhill et Victor B.S. Verity) décollent à 05h30. Selon le rapport de combat du Pilot Officer Malcolm Ravenhill (P2907) :

« Je vole, en zig-zig, en direction de Bruxelles. Mon chef de section attaque un Henschel Hs.123. Une forte défense antiaérienne me force à virer sur la droite (le n°3 me suit, mais nous perdons contact avec le leader en raison d’un problème de fréquence radio). Quelques minutes plus tard, j’aperçois (à 06h25) un appareil adverse isolé qui patrouille le long de la Meuse. L’avion porte un camouflage marron et vert au-dessus et d’un vert plus pâle en dessous. Je l’attaque par l’arrière en le prenant par surprise. Il plonge vers le sol en émettant une fumée noire, avant de redresser près du sol. Aucun tir de défense depuis l’arrière. Alors que j’observe, j’aperçois un autre appareil similaire et je l’attaque immédiatement. À environ 180 mètres, le mitrailleur arrière ouvre le feu et je vois des balles se diriger vers moi. Je continue de m’approcher, jusqu’à 90 mètres, avant de tirer une longue rafale, avant de virer à seulement 9 mètres de l’appareil ennemi. Le Henschel Hs.123 se retourne immédiatement, pour s’écraser au sol. Je découvre, alors, que je suis seul. Je décide de continuer ma patrouille à l’ouest de Bruxelles. Je décide, finalement, d’atterrir à Compiègne où des Français m’informent que je suis en réalité à 50 kilomètres au sud de Lille. Je décolle, donc, avec pour objectif de rejoindre Vitry-en-Artois, mais je me retrouve rapidement perdu au-dessus d’une zone boisée et décide finalement d’un atterrissage forcé dans un champ après une panne de carburant. Je suis réceptionné, sur place, par la police locale de Forges-les-Eaux, et je rejoins l’aérodrome de Poix par la route avant d’embarquer dans un avion pour Abbeville ».[1]

L’identification des appareils concernés est délicate. Si Brian Cull[2] fait référence à un appareil des 1.(H)/14 et 1.(H)/23, Peter D. Cornwell[3] s’oriente vers un Henschel Hs 123 de la 3.(H)/41 qui s’écrase près de Mons tuant l’un des membres d’équipage, tandis que le second est blessé (Oberstleutnant Graf von der Schulenburg).

Peu après, une autre section décolle vers 09h30. Un Junkers Ju.88 est revendiqué par le Flight Lieutnant James G. Sanders entre Charleroi et Wavre. Effectivement, un Junkers Ju.88 A-1 (L1+AR) s’écrase près de Flines-lez-Raches, vers 10h15, tuant tout l’équipage (Oberleutnant Ernst Schwartz, Gefreiter Alfred Dudeck, Oberfeldwebel Bernard Rinke et Gefreiter Georg Fuhrmann)[4]. Le Hawker Hurricane Mk I semble, cependant, touché par les tirs défensifs puisque le pilote est contraint à un atterrissage forcé, quoique son appareil est signalé comme réparable.

Si quelques autres sorties ont lieu dans l’après-midi, sans évènements particuliers, les Flying Officer Anthony Eyre et Richard D. Pexton rejoignant le terrain de Glisy, à bord du Miles Master N7577, pour réceptionner deux nouveaux Hawker Hurricane Mk I[5].

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[1] Pilot Officer Malcolm Ravenhill, Combat Report, The National Archives, Kew. AIR    AIR 50/86/32.

[2] CULL, Brian ; LANDER, Bruce ; WEISS, Heinrich. Twelve Days in May. The Air Battle for Northern France and the Low Countires, 10 – 21 May 1940, as seen through the eyes of the fighter pilots involved. London : Grub Street, 1999. p.186.

[3] CORNWELL, Peter D. The Battle of France, Then and Now : Six Nations Locked in Aerial Combat, September 1939 to June 1940. Old Harlow : After the Battle, 2007. p.307.

[4] Une fois de plus, cette revendication est controversée puisque Arnaud Gillet (GILLET, Arnaud. La Luftwaffe à l’ouest – Les victoires de l’aviation de chasse britannique (10 mai 1940 – 23 mai 1940). Béthenville : Arnaud Gillet, 2008. p.243) et Peter Taghon (TAGHON, Peter. La Lehrgeschwader 1 : L’Escadre au Gruffon. Tome 1. Lela Press, 2017, p.56) attribue la victoire au Flight Lieutnant Ian Soden du No.56 (RAF) Squadron qui revendique aussi un Ju.88 vers la même heure dans des conditions concordantes. De surcroit, l’absence d’un rapport de combat signé par le Flight Lieutnant James G. Sanders empêche d’obtenir davantage de précisions quant à cet évènement.

[5] CULL, Brian ; LANDER, Bruce ; WEISS, Heinrich. Twelve Days in May. The Air Battle for Northern France and the Low Countires, 10 – 21 May 1940, as seen through the eyes of the fighter pilots involved. London : Grub Street, 1999. p.187.

16 mai 1940

Après les pilotes du No.229 (RAF) Squadron, un second groupe de renfort arrive avec un détachement de trois pilotes en provenance du No.242 (RAF) Squadron, B Flight. Il s’agit en l’occurrence, des Pilot Officer Robert D. Grassick[1], William L. McKnight[2] et Percival S. Turner[3]. Ils disposent déjà d’une petite expérience puisqu’ils ont rejoint le No.607 (RAF) Squadron, le 14 mai, et participés à quelques opérations, lesquelles ont déjà couté la vie de Flight Lieutnant John L. Sullivan en charge du détachement.

Le No.615 Squadron quitte Vitry-en-Artois et Abbeville pour Moorsele avec douze Hawker Hurricane Mk I. C’est durant ce transfert que le Pilot Officer Robert D. Grassick (KW-X) commet une malencontreuse erreur lorsqu’il engage et revendique un possible bombardier Junkers Ju.88. Celui-ci s’avère être un Bristol Blenheim Mk IV (N6168 TR-A) du No.59 (RAF) Squadron rentrant d’une mission de reconnaissance. Le Flight Lieutnant G.V. Smither réussit, néanmoins, à poser son appareil gravement endommagé sur la piste de Vitry-en-Artois avec son mitrailleur blessé (Aircraftman Davy J. Pitcher)[4].

Dans l’après-midi, neuf Hawker Hurricane Mk I décollent sous les ordres du Flight Lieutnant Leslie T.W. Thornley afin d’escorter un Westland Lysander. Entre Tirlemont et Bruxelles, les pilotes britanniques sont surpris par plusieurs Bf.109. Le Flight Lieutnant Leslie T.W. Thornley (N2335) est immédiatement abattu et tué. Selon le Pilot Officer Thomas C. Jackson (N2338) :

« J’ouvre la verrière, car je n’arrive pas à voir grand-chose à l’arrière. Quasiment au même moment, alors que nous volons avec le soleil derrière, nous avons été pris par surprise. Je ne m’en suis rendu compte qu’après avoir été touché une première fois. Un appareil passe sous moi et j’essaye de le poursuivre, mais mon moteur coupe. Un second Bf.109 et j’ai ma chance – je crois voir quelques débris. Je continue à tirer dessus par-derrière. Plein d’avions dans le ciel. Mon appareil est, alors, gravement touché et soudain une explosion. J’ai mes lunettes, mes bottes, mais plus mon casque. Je ne débranche pas l’arrivée d’air, etc., mais je bondis tout simplement en dehors. J’ouvre le parachute et ne peux m’empêcher de songer : « dieu que c’est calme ».

Il est capturé dès son arrivée au sol par des soldats allemands. Blessé et souffrant de plusieurs brûlures, il se souvient :

« Un soldat sort un couteau et ouvre mon col, tandis qu’un autre sort une seringue pour m’injecter un calmant. Un véhicule arrive et on m’ordonne de grimper dedans ; un Oberleutnant s’assit à l’arrière en me braquant son pistolet. Je suis conduit à un hôpital de campagne à Tirlemont où je partage pendant deux jours une chambre avec huit ou neuf officiers allemands ; l’un d’eux gravement blessé à l’estomac étant très bruyant. Peu après, je suis transféré dans un grand bâtiment avec un sol en pierre où sont concentrés plusieurs centaines de soldats britanniques, enfin une semaine après transfert vers Maastricht ».

Un troisième pilote est perdu, en l’occurrence, le Pilot Officer Brian P. Young dont le Hawker Hurricane Mk I (P2577) s’écrase en flammes près d’Essene. Brûlé dans le haut du corps et au visage, il parvient cependant à sauter. Il est, toutefois, malchanceux puisqu’il est immédiatement pris pour cible par des soldats britanniques qui ouvre le feu dans sa direction, puis lance une grenade, avant de s’apercevoir qu’il s’agit de l’un d’entre eux. Il est conduit vers un hôpital de campagne à Dieppe avant d’être évacué vers Saint Nazaire. N’ayant décidément pas de chance, son ambulance est touchée, en arrivant dans le port, par un éclat d’obus tuant la quasi-totalité des occupants. Brian P. Young en réchappe miraculeusement afin d’être embarqué dans un navire à destination de l’Angleterre. Il ne reviendra plus au No.615 Squadron. Après une longue hospitalisation, il reprend du service courant 1942 comme pilote d’hydravion Short S.25 Sunderland au sein du Coastal Command, avant d’être transféré au Moyen-Orient dans divers commandements. Il reste dans la RAF après la guerre en exerçant toute une série de hauts postes, tout en suivant les cours de l’Imperial Defense College. Il prend sa retraite le 5 mai 1973 avec le grade de Air Vice-Marshal et décède le 26 juillet 1992[5].

De son côté, le Pilot Officer Robert D. Grassick (KW-X), très actif en cette journée, est en mesure de revendiquer un chasseur allemand abattu.

Il est difficile de pouvoir identifier l’affrontement en question faute de disposer de l’heure durant laquelle cette escorte a eu lieu. Ainsi, Brian Cull[6] et Donald Caldwell[7] font mention d’un affrontement vers 15h50 avec le II./JG 26, lesquelles revendiquent trois victoires (identifiés comme des Morane 406 et Hawk 75A) malgré la perte d’un appareil (pilote tué). Cette analyse est, toutefois, démentie par Arnaud Gillet[8] et Peter D. Cornwell[9] qui y font un lien avec les événements propres au No.87 (RAF) Squadron. Une autre hypothèse serait celle du I./JG 27 qui revendiquent plusieurs Hawker Hurricane dans les environs de Bruxelles vers 13h40 (malheureusement une partie de ces revendications ne disposent pas d’heure précise). Ainsi, le Flight Lieutnant Leslie T.W. Thornley serait tombé victime de l’Oberleutnant Gerhart Framm de la 2./JG 27. Inversement, deux Bf.109 E-3 de la I./JG 27 aurait été endommagé, dont celui du Feldwebel Otto Sawallish. Une fois de plus, faute de davantage de précisions, il reste délicat de faire correspondre les faits, sans compter que rien ne prouve que l’ensemble des événements propres au No.615 Squadron ait lieu lors de la même sortie.

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[1] Robert Davidson Grassick (41579) est né à Londres (Ontario – Canada) le 22 mai 1917, et rejoint la RAF avec une SSC en novembre 1938. Après sa formation à la No.5 (RAF) Flying Training School de Sealand, il est transféré au No.3 (RAF) Squadron (septembre 1939) puis No.242 (RAF) Squadron (novembre 1939). Il est détaché en urgence auprès du No.607 (RAF) Squadron, le 14 mai 1940, avec trois autres pilotes du B Flight de son escadron. SHORES Christopher ; WILLIAMS Clive. Aces High: A Tribute to the Most Notable Fighter Pilots of the British and Commonwealth Forces of WWII. 2008, Grub Street ; Battle of Britain London Monument, The Airmen’s Stories – F/O R D Grassick: http://www.bbm.org.uk/airmen/Grassick.htm

[2] William Lidstone McKnight (41937) est né à Edmonton (Alberta – Canada) le 18 novembre 1918. Il rejoint la RAF, en février 1939, avec une SSU. Après sa formation, auprès de la No.6 (RAF) FTS de Little Rissington il intègre le No.242 (RAF) Squadron le 6 novembre 1939, avant d’être détaché auprès du No.607 (RAF) Squadron le 14 mai 1940. Battle of Britain London Monument, The Airmen’s Stories – P/O W L McKnight: http://www.bbm.org.uk/airmen/McKnight.htm ; SHORES Christopher ; WILLIAMS Clive. Aces High: A Tribute to the Most Notable Fighter Pilots of the British and Commonwealth Forces of WWII. 2008, Grub Street, p.437.

[3] Percival Stanley Turner (41631) est né le 3 septembre 1913 à Ivybridge (Devon – Angleterre). Sa famille émigre, cependant, à Toronto au Canada où il effectue des études d’ingénieur, tout en intégrant le No.110 Squadron de la Canadian Auxiliary Air Force. Il rejoint la RAF, avec une SSC, novembre 1938. Après sa formation auprès de la No.7 (RAF) FTS de Peterborought et la No.1 (RAF) Fighter Training School de St.Athan, il intègre le No.219 (RAF) Squadron, le 4 octobre 1939, avant d’être transféré au No.242 (RAF) Squadron le 20 novembre 1939. Il est envoyé, en France, en détachement au No.607 (RAF) Squadron le 14 mai 1940. Battle of Britain London Monument, The Airmen’s Stories – F/Lt. P S Turner : http://www.bbm.org.uk/airmen/TurnerPS.htm

[4] CULL, Brian ; LANDER, Bruce ; WEISS, Heinrich. Twelve Days in May. The Air Battle for Northern France and the Low Countires, 10 – 21 May 1940, as seen through the eyes of the fighter pilots involved. London : Grub Street, 1999. p.166.

[5] Air of Authority – A History of RAF Organisation – Air Vice-Marshal B P Young (33376) : http://www.rafweb.org/Biographies/Young_BP.htm

[6] CULL, Brian ; LANDER, Bruce ; WEISS, Heinrich. Twelve Days in May. The Air Battle for Northern France and the Low Countires, 10 – 21 May 1940, as seen through the eyes of the fighter pilots involved. London : Grub Street, 1999. p.166 à 168.

[7] CALDWELL Donald. The JG 26 War Diarry, Vol 1 (1939 – 1942). Grub Street, 1996. 346 p.

[8] GILLET, Arnaud. La Luftwaffe à l’ouest – Les victoires de l’aviation de chasse britannique (10 mai 1940 – 23 mai 1940). Béthenville : Arnaud Gillet, 2008. p.221 et 222.

[9] CORNWELL, Peter D. The Battle of France, Then and Now : Six Nations Locked in Aerial Combat, September 1939 to June 1940. Old Harlow : After the Battle, 2007. p. 294 et 299

15 Mai 1940

Contrairement aux journées précédentes, l’activité du No.615 Squadron est assez intense et relativement bien détaillée. Elle est aussi l’occasion de plusieurs revendications, mais aussi de nouvelles pertes.

La journée commence par plusieurs patrouilles depuis le terrain de Le Touquet, sans davantage de précisions, selon l’ORB.

Plus tard dans la matinée, six Hawker Hurricane Mk I décollent, sous les ordres du Squadron Leader Joseph R. Kayll, depuis Vitry-en-Artois pour une mission d’escorte sur Dinant en compagnie de six autres appareils du B Flight du No.607 (County of Durham) Squadron. Les douze Bristol Blenheim Mk I (trois du No.15 Squadron et neuf du No.40 Squadron) sont chargés de détruire plusieurs ponts sur la Meuse. L’ensemble de la formation est, cependant, intercepté par plusieurs Bf 109 et Bf 110 vers 11 h. Les pilotes du No.615 Squadron semblent avoir été surpris puisque le Flying Officer Hedley N. Fowler (Hawker Hurricane Mk I P2622), à l’arrière de la formation, peut seulement hurler un avertissement avant d’être touché par les tirs des Bf 109. Son appareil commençant à prendre feu, il est contraint de sauter en parachute. Il réussit à rejoindre plusieurs soldats français, mais ils sont tous capturés le lendemain[1]. La victoire pourrait avoir été revendiquée par l’Oberleutnant Franz Eckerle (3./JG76)[2]. L’un des rares pilotes relativement expérimentés du Squadron, pour preuve son nombre de vols assez élevé durant l’hiver dernier, il fera les gros titres de la presse suite à son évasion du château de Colditz le 9 septembre 1942. Déguisé en officiers allemands il réussit à rejoindre la Suisse (en compagnie du lieutenant néerlandais Damiaen Joan van Doorninck). De retour en Angleterre en avril 1944, il reçoit la Military Cross avant d’être posté au Armament Test Squadron de Boscombe Down. Il se tue en testant un Hawker Typhoon le 26 mars 1944. Il est inhumé au cimetière de Durrington. Selon le Squadron Leader Joseph R. Kayll : « la formation de Hurricane est attaquée simultanément par plusieurs Bf.110 et Bf.109. J’effectue une attaque de face contre un premier Bf.110 qui atterrit peu après, ainsi qu’un tir en déflexion sur un second, lequel est vu tombé et explosé dans un bois »[3]. Les deux revendications ne semblent pas concluantes. Selon Peter Cornwell, cet affrontement pourrait être relié avec celui entre les Bloch MB.152 du GC I/8 et des Bf 110 C de la 2./ZG 26 dont trois appareils sont abattus par les Français[4]. Si on observe la description du combat en question, on ne peut nier des éléments concordants : l’heure (10 h 30 – 12 h 15), ainsi que les lieux (au-dessus de la Meuse, dans les environs de Mézières). En outre, l’Adjudant Michaud indique la présence d’un Hawker Hurricane lors de l’affrontement : « il lui lâche une longue rafale, mais à cet instant un Hurricane inattendu passe entre lui et sa cible. Il est obligé d’interrompre son tir et prend du retard sur sa proie qui pique devant lui. Le Messerschmitt a son compte, un membre d’équipage saute, mais le parachute du malheureux se met en torche. Le biplan désemparé percute et explose dans une clairière au nord-est de Renwez »[5]. On ne peut nier plusieurs éléments concordant avec la seconde partie du rapport rédigé par le Squadron Leader Joseph R. Kayll. Il s’agit en l’espèce d’un Bf 110 C de la 2./ZG 26 (Feldwebel Kurt Friedrich et Gefreiter Willli Neuburger, tués) qui s’écrase, vers 11 h 10, à Sécheval. Évidemment, à défaut de détails plus probants, cela reste de la simple hypothèse. Les Allemands enregistrent la perte de deux Bf 109 E-3 du Stab I./JG 52, Hauptman Siegfried von Eschwege et Leutnant Kurt Kirchner (capturé), tandis que trois chasseurs britanniques sont revendiqués par les Hauptmann Werner Molders, Oberleutnant Heinz Wittenberg et Leutnant Georg Claus de la III./JG 53. Du côté du No.607 Squadron, le Squadron Leader Lance Smith (P2870) est tué durant le combat, et deux Bf 109 sont revendiqués par les Flying Officer Bill Whitty et Pilot Officer Bob Grassick[6].

L’après-midi est encore assez mouvementé puisque le A Flight est chargé d’une série de trois patrouilles dans les environs de Wavre. Plusieurs Henschel Hs 126 sont rencontrés et une série d’affrontement éclate. Ainsi, une section sous les ordres du Flight Lieutnant Leslie Thornley effectue une patrouille au nord-ouest de Gembloux à 15 h. Selon le Pilot Officer Thomas C. Jackson : « nous apercevons soudain un Hs.126 lorsqu’il ouvre le feu sur nous. Je peux l’aligner et le toucher, probablement en tuant le mitrailleur, puis je le laisse au Flight Commander. Il tombe au sol »[7]. Selon le Flight Lieutnant Leslie T.W. Thornley : « Avion signalé et le Pilot Officer Jackson attaque d’une assez grande distance. L’ennemi fait un demi-tonneau et plonge. Je le suis dans sa descente jusqu’à cinq cents pieds en tirant sans cesse. L’appareil atterrit dans un champ labouré à 1 500 mètres au nord de Gembloux, mais sans se disloquer »[8]. L’appareil pourrait être appartenir à la 4.(H)/22 (Leutnant H. Ricke blessé)[9]. Les évènements semblent se dérouler moins bien pour le Pilot Officer David J. Looker (P2554), qui est touché par des tirs au sol. Au moment de sauter, il heurte le gouvernail avec le bras gauche. Touchant le sol, près de Waterloo, il est récupéré par des soldats britanniques et rapidement renvoyé en Angleterre pour un séjour à l’hôpital (Shenley Military Hospital). Un autre Hs.123 est rencontré au même moment par une seconde section sous les ordres du Flying Officer Peter Collard vers 15 h : « L’ennemi volait au ras de la forêt, mon altitude était de 1 500 mètres. Je plonge sur lui et porte une attaque sur le côté. J’essuie une courte rafale du mitrailleur arrière à deux cents mètres. L’ennemi se cabre lorsque je suis à tente mètres juste derrière lui, c’est pourquoi je me trouve en dessous de lui. Ensuite plus aucun signe d’avions (…) Ennemi aperçu sortant du soleil en piqué sur deux Hurricanes en dessous. Je m’approche derrière lui, mais mon viseur me lâche, quand j’ouvre le feu. L’ennemi effectue un violent virage sur l’aile en montée par la droite : attaque interrompue à trois cent cinquante mètres, munitions épuisées »[10]. A noter que ce dernier appareil est erronément identifié comme un Heinkel He.112. Enfin, à 15 h 30, un autre Hs.126, probablement de la 1.(H)/23 (Leutnant Hermann Küster et Felix Hack, tués)[11] est intercepté par une troisième section à l’est de Gembloux vers les 750 mètres. D’après le Flying Officer Horace E. Horne : « Le Henschel chancelle, après la première attaque, et atterrit sur le ventre dans un champ. Impossible de mener à bien l’attaque finale en raison des puissants tirs antiaériens. Je tente aussi d’attaquer un ballon attaché au sol, mais le site est truffé de défense antiaérienne. Résultat : machine touchée quatre fois »[12].

En raison de l’évolution des évènements, le No.615 Squadron reçoit l’ordre de quitter Vitry-en-Artois pour rejoindre le nord-ouest de la Belgique. Selon le Flight Lieutnant James G. Sanders : « Joe Kayll et moi-même devons décoller pour trouver un aérodrome belge d’où le Squadron pourrait opérer. Je prends un Gladiator, tandis qu’il utilise un Hurricane. Il part pour Moorsele, tandis que je rejoins Evere à l’est de Bruxelles. À peine posé, je m’aperçois que le terrain est plein d’allemand, je redécolle immédiatement et rejoins rapidement nos lignes au ras du sol »[13]. Sans surprise, le choix final se fixe sur l’aérodrome de Moorsele.

 

Liste des revendications

 

11 h

Squadron Leader Joseph R. Kayll

Bf 110 (l’appareil est vu « faire un atterrissage forcé »

Dinant

Revendication non concluante.

AIR 50/175/14

11 h

Squadron Leader Joseph R. Kayll

Bf 110 (l’appareil est vu « faire un plongeon et exploser dans les bois »

Dinant

Revendication non concluante[14].

AIR 50/175/14

15 h

Flying Officer Peter Collard

Hs.126 (attaqué, puis perdu de vue)

8 km, N. Gembloux

Revendication non concluante

AIR 50/175/3

15 h 5

Flight Lieutnant Leslie T.W. Thornley

Hs.126 (l’appareil est vu « effectuer un atterrissage dans un champ sans s’écraser, probablement suite à une perte du moteur »)

1,5 km, N.O. Gembloux

Revendication concluante[15]

AIR 50/175/31

15 h 15

Flying Officer Peter Collard

He.112 (attaque interrompue par manque de munitions)

Wavre

Revendication non concluante

AIR 50/175/3

15 h 30

Flying Officer Horace E. Horne

Hs 126 (l’appareil est vu « effectuer un atterrissage sur le ventre dans un champ)

3 à 5 km, E. Gembloux.

Revendication non concluante[16].

AIR 50/175/12

 

Liste des pertes

Vers 11 h

Flying Officer Hedley N. Fowler

Hurricane P2622

Capturé

Combat aérien avec des Bf 109/Bf 110. Saute en parachute. Vers Dinant.

Vers 14 h

Pilot Officer David J. Looker

Hurricane P2554

Blessé

Touché par tirs au sol, saute en parachute ; Wavre — Waterloo.

 

[1] CULL, Brian ; LANDER, Bruce ; WEISS, Heinrich. Twelve Days in May. The Air Battle for Northern France and the Low Countires, 10 – 21 May 1940, as seen through the eyes of the fighter pilots involved. London : Grub Street, 1999. p.148.

[2] CORNWELL, Peter D. The Battle of France, Then and Now : Six Nations Locked in Aerial Combat, September 1939 to June 1940. Old Harlow : After the Battle, 2007. p.283.

[3] Squadron Leader Joseph R. Kayll, Combat Report. The National Archives, Kew. AIR 50/175/14 ; CULL, Brian ; LANDER, Bruce ; WEISS, Heinrich. Twelve Days in May. The Air Battle for Northern France and the Low Countires, 10 – 21 May 1940, as seen through the eyes of the fighter pilots involved. London : Grub Street, 1999. p.148.

[4] CORNWELL, Peter D. The Battle of France, Then and Now : Six Nations Locked in Aerial Combat, September 1939 to June 1940. Old Harlow : After the Battle, 2007. p.290.

[5] JOANNE, Serge. Le Bloch MB-152. Les éditions Lela Presse, 2003. p.225 à 226.

[6] DIXON, Robert. 607 Squadron : A Shade of Blue. 2012.

[7] CULL, Brian ; LANDER, Bruce ; WEISS, Heinrich. Twelve Days in May. The Air Battle for Northern France and the Low Countires, 10 – 21 May 1940, as seen through the eyes of the fighter pilots involved. London : Grub Street, 1999. p.150.

[8] Flight Lieutnant Leslie T.W. Thornley, Combat Report, The National Archives, Kew. AIR 50/175/31 ; CULL, Brian ; LANDER, Bruce ; WEISS, Heinrich. Twelve Days in May. The Air Battle for Northern France and the Low Countires, 10 – 21 May 1940, as seen through the eyes of the fighter pilots involved. London : Grub Street, 1999. p.150 ; GILLET, Arnaud. La Luftwaffe à l’ouest — Les victoires de l’aviation de chasse britannique (10 mai 1940 – 23 mai 1940). Béthenville : Arnaud Gillet, 2008. p.206.

[9] CORNWELL, Peter D. The Battle of France, Then and Now : Six Nations Locked in Aerial Combat, September 1939 to June 1940. Old Harlow : After the Battle, 2007. p.288.

[10] Peter Collard, Combat Report. The National Archives, Kew. AIR 50/175/3 (curieusement, le Flying Officer Peter Collard est identifié sous le nom de P.Collins) ; CULL, Brian ; LANDER, Bruce ; WEISS, Heinrich. Twelve Days in May. The Air Battle for Northern France and the Low Countires, 10 – 21 May 1940, as seen through the eyes of the fighter pilots involved. London : Grub Street, 1999. p.150 ; GILLET, Arnaud. La Luftwaffe à l’ouest — Les victoires de l’aviation de chasse britannique (10 mai 1940 – 23 mai 1940). Béthenville : Arnaud Gillet, 2008. p.206 et 207.

[11] CORNWELL, Peter D. The Battle of France, Then and Now : Six Nations Locked in Aerial Combat, September 1939 to June 1940. Old Harlow : After the Battle, 2007. p.288.

[12] Flying Officer Horace E. Horne, Combat Report, The National Archives, Kew. AIR 50/175/12 ; CULL, Brian ; LANDER, Bruce ; WEISS, Heinrich. Twelve Days in May. The Air Battle for Northern France and the Low Countires, 10 – 21 May 1940, as seen through the eyes of the fighter pilots involved. London : Grub Street, 1999. p.150 ; GILLET, Arnaud. La Luftwaffe à l’ouest — Les victoires de l’aviation de chasse britannique (10 mai 1940 – 23 mai 1940). Béthenville : Arnaud Gillet, 2008. p.206.

[13] CULL, Brian ; LANDER, Bruce ; WEISS, Heinrich. Twelve Days in May. The Air Battle for Northern France and the Low Countires, 10 – 21 May 1940, as seen through the eyes of the fighter pilots involved. London : Grub Street, 1999. p.151.

[14] Il pourrait s’agir d’un Bf.110 C de la 2./ZG 26 (Feldwebel Kurt Friedrich et Gefreiter Willli Neuburger, tués) qui s’écrase, vers 11 h 10, à Sécheval. L’appareil est revendiqué détruit par l’Adjudant Michaud du GC I/8.

[15] L’appareil pourrait être appartenir à la 4.(H)/22 (Leutnant H. Ricke blessé).

[16] Hs.126, probablement de la 1.(H)/23 (Leutnant Hermann Küster et Felix Hack, tués).

14 Mai 1940

Plusieurs renforts arrivent au sein du No.615 (County of Surrey) lorsque la RAF décide de détacher plusieurs Flight pour renforcer les unités en France. Il s’agit ici de pilotes provenant du B Flight du No.229 (RAF) Squadron : Pilot Officer John E.M. Collins[1], Malcolm Ravenhill[2] et Victor B.S. Verity[3], ainsi que du Pilot Officer Cecil R. Young[4] en provenant du No.601 (County of London) Squadron.

Une fois de plus les évènements de la journée sont des plus confus. Selon l’ORB plusieurs patrouilles sont effectuées, sans plus de détails, depuis les aérodromes d’Abbeville, Vitry-en-Artois et Douai où le B Flight passe la nuit.

On connait quelques détails sur l’une des sorties de la journée, en l’occurrence un affrontement entre une section de Hawker Hurricane Mk I et un bombardier allemand dans la matinée (aux alentours de 6 h). Une victoire est alors revendiquée par le Flying Officer Hedley N. Fowler[5]. Une fois de plus cet évènement pose davantage de questions qu’il n’offre de réponse. Ainsi, on ne trouve aucun rapport de combat, et il est dès lors difficile de confirmer ou non cette victoire. En outre, les sources divergent sur la potentielle victime. Arnaud Gillet fait état d’un Dornier Do.17 lors d’une mission de défense des terrains, tout s’interrogeant sur sa véracité faute de confirmation dans les archives[6]. De son côté, Brian Cull se réfère au Junkers Ju.88 A-1 7A+BH de la 1.(F)/121 (Oberleutnant Heinz Spillmann ; Oberfeldwebel Richard Schnegotzki ; Unteroffizier Wihelm Colleseus et Walter Gers, tous tués) effectuant une reconnaissance du secteur Bruxelles – Courtrai – Gand – Anvers.[7] L’appareil s’écrase à Winkel-Sainte-Croix, au nord-est de Gand, à 6 h. Enfin, Peter Conrwell fournit une autre interprétation. Pour lui, l’appareil de la 1.(F)/121 aurait été victime du No.504 (RAF) Squadron, tandis que c’est un Junkers Ju.88 A-1 de la 3.(F)/123 F6+BL qui serait à relié à la revendication du Flying Officer Hedley N. Fowler. L’appareil allemand effectué, alors, une reconnaissance des aérodromes le long de la côte nord française, lorsqu’il aurait été intercepté par des chasseurs britanniques. Moteur endommagé, le Junkers Ju.88 est contraint à un atterrissage forcé à Aalst, à 6 h 15. L’Unteroffizier Willi Reissmann est tué et le reste de l’équipage capturé (Feldwebel Friedrich Küttner et Eugen Lauterbach ; Unteroffizier Erwin Maxrath)[8].


[1] John Edward Collins (n° 41830).

[2] Il a rejoint la RAF (n° 40750) en mars 1938 et rejoint le No.229 (RAF) Squadron, le 9 mars 1940. The Battle of Britain London Monument – F/O M Ravenhill : http://www.bbm.org.uk/airmen/Ravenhill.htm ; One of the Few – Flying Officer Malcom Ravenhill : http://www.oneofthefew.co.uk/pilots/mravenhill/mravenhill.php

[3] Victor Bosanquet Strachen Verity, né le 5 novembre 1919 à Timaru (Nouvelle-Zélande). Il rejoint la RAF en 1938, puis le No.229 (RAF) Squadron en novembre 1939. The Battle of Britain London Monument – P/O V B S Verity : http://www.bbm.org.uk/airmen/Verity.htm

[4] Pour plus d’information, voir : Aircrew Remembered – Cecil R. Young : http://www.aircrewremembered.com/young-cecil-reginald.html

[5] FOREMAN, John. RAF Fighter Command Victory Claims of World War Two : Part One 1939 – 1940. Walton-on-Thames : Red Kite, 2003. p.42.

[6] GILLET, Arnaud. La Luftwaffe à l’ouest — Les victoires de l’aviation de chasse britannique (10 mai 1940 – 23 mai 1940). Béthenville : Arnaud Gillet, 2008. p.408.

[7] CULL, Brian ; LANDER, Bruce ; WEISS, Heinrich. Twelve Days in May. The Air Battle for Northern France and the Low Countires, 10 – 21 May 1940, as seen through the eyes of the fighter pilots involved. London : Grub Street, 1999. p.117. ; ROBA, Jean-Louis. La RAF en France — 2e partie : Hurricane sur le contient — Tome 1 : du 9 septembre 1939 au 14 mai 1940. Batailles Aériennes, n°68 (Avril – Juin 2014). p. 80.

[8] CORNWELL, Peter D. The Battle of France, Then and Now : Six Nations Locked in Aerial Combat, September 1939 to June 1940. Old Harlow : After the Battle, 2007. p.276.


06h00 ou 06h15

Flying Officer Hedley N. Fwoler

Ju.88 A-1 7A+BH de la 1.(F)/121 ou Ju.88 A-1 de la 3.(F)/123 F6+BL

Winkel-Sainte-Croix, au nord-est de Gand ou Aalst

Revendication non-concluante, faute de sources disponibles.

13 mai 1940

Brian Cull fait état de la présence du B Flight sur l’aérodrome de Merville, avec un certain nombre d’entraînements sur Hawker Hurricane Mk I[1].

Toujours est-il que le A Flight reste déployé pour la journée sur le terrain de Vitry-en-Artois avec le No.607 (RAF) Squadron. Au moins trois sorties sont connues.

La première sortie vise à escorter un Bristol Blenheim Mk IV, du No.18 (RAF) Squadron, au-dessus du Canal Albert pour vérifier l’état des ponts. Le décollage est fortement perturbé par l’annonce de l’arrivée d’une formation aérienne adverse[2] ou en raison des manœuvres de l’appareil[3], et seuls deux Hawker Hurricane Mk I (Squadron Leader Joseph R. Kayll ; Flight Lieutnant Leslie T.W. Thornley) sont en mesure d’assurer l’escorte. La mission se déroule sans incident, mais l’appareil du Flight Lieutnant Leslie T.W. Thornley (longeron d’aile touché) et le Bristol Blenheim sont endommagés par des tirs provenant du sol. À noter que le Bristol Blenheim Mk IV L8866 (Flying Officer D.D. Rogers ; Sergeant A.J. Gulliver ; Leading Aircraftman D.C. Moore) du No.18 (RAF) Squadron est signalé endommagé durant une reconnaissance au-dessus du Canal Albert, vers 6 h 45, du fait de tirs au sol[4]. Peut-être s’agit-il de la sortie en question.

Selon le Squadron Leader Joseph R. Kayll : « le Squadron reçoit l’ordre d’escorter un Blenheim pour une reconnaissance du Canal Albert, afin de voir l’état des ponts. Au ras du sol, un Blenheim est presque aussi rapide qu’un Hurricane, et comme le pilote effectue des changements brutaux de direction, une partie de nos appareils ne sont pas en mesure de le suivre. Finalement, il ne reste plus que moi et le Flight Lieutnant Thornley (avec un appareil endommagé) pour le suivre, chacun d’un côté. Le pilote du Blenheim est très expérimenté et vol sous les ponts lorsqu’ils sont intacts, tandis que nous préférons survoler ces derniers. Le seul incident a lieu lors du retour en survolant une formation allemande, ces derniers nous tirent dessus avec tout ce qu’ils ont. Le mitrailleur arrière du Blenheim est blessé, et je suis sauvé par la plaque de blindage dernière mon siège »[5].

Une deuxième sortie semblable a lieu, plus tard, dans l’après-midi, mais sans aucun détail.

Enfin, dans la soirée plusieurs appareils décollent, aux côtés du No.607 (County of Durham) Squadron[6], pour une patrouille dans les environs de Namur. Un combat éclate avec plusieurs Bf 110, et l’appareil du Flying Officer Peter N. Murton-Neale (L2035) est abattu probablement par le Leutnant Richard Marchfelder du Stab II./ZG 1[7], près de Courrière. Le malheureux Peter N. Murton-Neale est tué. Il faisait partie de l’effectif originel du No.615 (County of Surrey), puisqu’on retrouve sa trace dès novembre 1937, et avait brièvement occupé les fonctions de B Flight Commander avant l’arrivée de James G. Sanders. Il avait 23 ans, et repose aujourd’hui au cimetière de Courrière[8].


[1] CULL, Brian ; LANDER, Bruce ; WEISS, Heinrich. Twelve Days in May. The Air Battle for Northern France and the Low Countires, 10 – 21 May 1940, as seen through the eyes of the fighter pilots involved. London : Grub Street, 1999. p.108.

[2] No.615 (RAF) Squadron, Operations Record Book. Kew : The National Archives, AIR 27/2123.

[3] CULL, Brian ; LANDER, Bruce ; WEISS, Heinrich. Twelve Days in May. The Air Battle for Northern France and the Low Countires, 10 – 21 May 1940, as seen through the eyes of the fighter pilots involved. London : Grub Street, 1999. p.108.

[4] CORNWELL, Peter D. The Battle of France, Then and Now : Six Nations Locked in Aerial Combat, September 1939 to June 1940. Old Harlow : After the Battle, 2007. p.256 et 257.

[5] CULL, Brian ; LANDER, Bruce ; WEISS, Heinrich. Twelve Days in May. The Air Battle for Northern France and the Low Countires, 10 – 21 May 1940, as seen through the eyes of the fighter pilots involved. London : Grub Street, 1999. p.108 et 109.

[6] GILLET, Arnaud. La Luftwaffe à l’ouest — Les victoires de l’aviation de chasse britannique (10 mai 1940 – 23 mai 1940). Béthenville : Arnaud Gillet, 2008. p.154.

[7] No.615 (RAF) Squadron, Operations Record Book. Kew : The National Archives, AIR 27/2123 ; CULL, Brian ; LANDER, Bruce ; WEISS, Heinrich. Twelve Days in May. The Air Battle for Northern France and the Low Countires, 10 – 21 May 1940, as seen through the eyes of the fighter pilots involved. London : Grub Street, 1999. p.109 ; CORNWELL, Peter D. The Battle of France, Then and Now : Six Nations Locked in Aerial Combat, September 1939 to June 1940. Old Harlow : After the Battle, 2007. p.257.

[8] Commonwealth War Graves Commission : https://www.cwgc.org/find-war-dead/casualty/4001719/murton-neale,-peter-norman/